Environ 30 % des fuites sur les réseaux d’eau potable en France sont attribuées à la vétusté des canalisations, selon les données publiées par l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement. Face à ce constat, le chemisage s’est imposé progressivement comme une alternative aux travaux destructifs traditionnels. La technique consiste à créer un nouveau conduit à l’intérieur de l’ancien, sans ouvrir les murs ni défoncer les sols.
Qu’est-ce que la réhabilitation par chemisage ?
Le chemisage est un procédé de réhabilitation qui permet de rénover une canalisation depuis l’intérieur, sans la remplacer physiquement. On insère dans le conduit existant une gaine souple imprégnée de résine, qui va durcir et former une nouvelle paroi étanche. Le réseau traité retrouve ses propriétés d’étanchéité et de résistance mécanique, parfois supérieures à celles d’origine.
Cette méthode s’applique aussi bien aux réseaux d’eaux usées qu’aux réseaux d’eaux pluviales, aux conduites d’eau potable ou aux réseaux gravitaires d’assainissement. Le diamètre des canalisations traitées varie selon les procédés, mais la plupart des techniques couvrent des diamètres allant de 50 mm à plusieurs centaines de millimètres.
3 grandes techniques de chemisage
Le chemisage continu est la méthode la plus répandue pour les réseaux gravitaires. Une gaine tubulaire, saturée de résine époxy ou polyester, est introduite dans la canalisation par retournement ou tirage, puis durcie par eau chaude, vapeur ou lumière UV. Le résultat est un tube dans le tube, sans joint ni raccord.
Le chemisage UV utilise une gaine fibre de verre imprégnée de résine photosensible. Un train de lampes UV est tiré à l’intérieur pour polymériser la résine en quelques minutes. Ce procédé est apprécié pour sa rapidité et sa précision sur des tronçons longs. La pulvérisation de résine, quant à elle, convient particulièrement aux réseaux comportant de nombreux embranchements ou coudes serrés : la résine est projetée en couches successives sur la paroi intérieure, sans nécessiter l’introduction d’une gaine. Des entreprises spécialisées comme Dr Canalisation utilisent ce type de procédé pour des interventions sans casse sur l’ensemble du territoire.
Comment se déroule concrètement une intervention ?
Avant toute pose, une inspection vidéo de la canalisation est réalisée. Une caméra motorisée parcourt le réseau pour établir un diagnostic précis : localisation des fissures, état de la corrosion, présence d’obstructions, mesure du diamètre résiduel. Ce diagnostic conditionne le choix de la technique adaptée.
Vient ensuite la phase de préparation. Le réseau est curé par hydrocurage à haute pression pour éliminer dépôts, racines et incrustations. Cette étape garantit l’adhérence de la résine ou de la gaine sur la paroi. L’intervention proprement dite suit, puis une seconde inspection vidéo valide l’étanchéité et la qualité du chemisage posé.

Quelle est la durée de vie d’un chemisage ?
Les fabricants de gaines et de résines époxy annoncent des durées de vie comprises entre 50 et 80 ans pour les systèmes correctement posés, sous réserve que le réseau ne soit pas soumis à des contraintes mécaniques exceptionnelles. Ces chiffres s’appuient sur des tests de vieillissement accéléré et sur des retours d’expérience issus de pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, où le chemisage est pratiqué depuis les années 1970.
La durée réelle dépend de plusieurs paramètres : la nature des effluents transportés (eaux agressives, eaux chargées en graisses), la qualité de la préparation de surface, et le respect des procédures de durcissement. Un chemisage mal préparé peut se décoller ou se fissurer bien avant les délais théoriques.
Quel est le coût d’un chemisage de canalisation ?
Le prix d’un chemisage varie selon la technique employée, le diamètre de la canalisation, la longueur du tronçon à traiter et l’accessibilité du réseau. Pour des canalisations domestiques (eaux usées, diamètre 100 à 150 mm), les tarifs se situent généralement entre 80 et 200 euros par mètre linéaire, pose comprise. Les réseaux de plus grand diamètre ou les chantiers en milieu urbain contraint font monter ce coût.
Rapporté au coût total d’une réfection traditionnelle avec tranchée (démolition, terrassement, remblaiement, réfection des revêtements), le chemisage est souvent moins onéreux dès que les travaux de génie civil représentent une part significative du devis. L’absence de destruction supprime aussi les coûts indirects : interruption d’activité, remise en état des espaces verts ou des carrelages.
Chemisage, quels inconvénients faut-il connaître ?
Le chemisage réduit légèrement le diamètre intérieur utile de la canalisation, de quelques millimètres à un centimètre selon l’épaisseur de la gaine posée. Sur des réseaux déjà partiellement obstrués ou sous-dimensionnés, cela peut poser un problème de débit. Un diagnostic préalable sérieux permet d’anticiper cette contrainte.
Certaines configurations restent difficiles à traiter : les canalisations très déformées, les effondrements totaux de conduit, ou les tronçons présentant des décalages importants entre tuyaux. Dans ces cas, le chemisage seul ne suffit pas et une réparation ciblée par manchon ou un remplacement partiel peut s’avérer nécessaire. La technique n’est pas universelle, mais elle couvre la grande majorité des situations rencontrées sur les réseaux gravitaires et sous pression.